04.11.2009

ANIMALS (1977)

Notoirement connu pour posséder un solide sens de l’humour, le joyeux drille Waters a depuis longtemps pris les commandes du groupe. Insidieusement pour débuter, depuis Dark Side Of The Moon, et maintenant ouvertement. Installés dans leurs nouveaux studios, à Britannia Row, situés dans une ancienne église désaffectée et dont les peintures de rénovation sont encore fraîches, les membres du groupe s’ennuient, s’épient, se méfient. L’endroit est austère. Froid. A l’image de l’album à venir.

La plupart des chansons qui composent ce disque ont fait, par le passé, l’objet de discordes, notamment entre Gilmour et Waters. En effet, certaines d’entre elles, « Raving and Drooling » et « Gotta be crazy » auraient du figurer sur l’album précédent, faisant déjà parties du répertoire live du groupe, mais Waters en avait décidé autrement. Cette emprise de plus en plus flagrante commence à agacer les autres membres du groupe, et principalement Gilmour qui souhaite proposer ses propres compositions. En effet, Mason ne composant pas, et Wright ne proposant rien à l’époque, empêtré dans un divorce couteux et dans des gros problèmes liés à son addiction à la cocaïne, le duo Gilmour / Waters se battait bec et ongle pour exister au sein de la formation. 113898412.jpgLa couleur rose n’a jamais été aussi présente dans ce disque, le titre « Pigs », la pochette, avec ce cochon, et une édition du vinyle, en rose, renforceront cette teinte, et pourtant, il s’agit probablement d’un des disques les plus sombres du Pink Floyd. Le thème du disque est plutôt vaste, puisqu’on y croise des moutons conduits à l’abattoir, des cochons, des chiens, et tout ce beau monde est mis en parallèle avec la nouvelle société Thatcherienne, ou avec les idées ultra conservatrices de la protectrice de la morale bien pensante de l’époque, Mary Withehouse. N’oublions pas que nous sommes dans la période 76 / 77, soit l’explosion de l’ère Punk qui crache, outre sur les règles bien pensantes, sur la majorité des groupes, appelés à l’époque des dinosaures. A ce propos, une anecdote savoureuse veut que Johnny Rotten, arrivé dans les studios par hasard, portait fièrement un délicieux Tee-Shirt, sur lequel était écrit « I hate Pink Floyd », ce qui avait le mérite d’être clair. Celà n’empêcha pas Mason de produire l’album des Damned, plus par un concours de circonstances que par une volonté profonde des deux partis.

 

Pendant l’enregistrement, il devint évident, au vu des nouvelles parties de guitares toujours plus nombreuses, que Gilmour aurait besoin d’aide, au moins sur scène. Snony White fût choisi, sur les conseils avisés de Steve O’Rourke. Lorsqu’il entra dans le studio, lui qui n’avait jamais entendu la musique des Pink Floyd (comme est-ce possible ?), l’atmosphère était particulièrement tendue. Waters et Mason venaient d’effacer par erreur un solo de Gilmour dont il était assez fier. Gilmour et lui discutèrent quelques instants, White demanda s’il devait passer une audition, et Gilmour lui répondit froidement « Si tu es là, c’est que tu sais jouer, non ? ». Fin de l’audition. Plus tard Waters lui demanda poliment de jouer quelque chose (« puisque tu es là, montre nous ce que tu sais faire !), et White s’exécuta. Il créa un solo sur « Pigs on the wing », qui ne fût pas retenu lors du mixage final puisque le groupe décida de couper le morceau en deux, ouvrant et clôturant ainsi l’album.

Aussi étrange que cela puisse paraître, et malgré les nombreuses tensions, l’enregistrement du disque se déroula dans une bonne ambiance. Un esprit de groupe retrouvé, loin du cauchemardesque enregistrement de « Wish you… ». Mais, paradoxalement, c’est ce disque qui va sceller définitivement la discorde au sein du groupe, et notamment entre les deux leaders.

 

L’album débute dans la légèreté, avec « Pigs on the wing », chanson acoustique, basique et paisible. C’est une chanson d’amour, dédiée à la femme de Waters. On ne peut pas dire que cette chanson fasse partie des meilleures chansons du groupe, et se révèle même plutôt anecdotique, mais prise dans l’ensemble d’un album assez lourd à porter, elle s’avère agréable.

C’est « Dogs » qui mettra le feu aux poudres au sein du groupe. Morceau créé en 1973 que le groupe a déjà l’habitude de jouer sur scène sous une forme un peu différente, notamment au niveau des textes, il a été composé par Gilmour. 17 minutes de rock torturées, paradoxalement dominées par les guitares acoustiques qui ouvrent le titre. Si la mélodie n’est pas particulièrement fantastique, les arrangements, les solos et la structure du morceau sont eux assez intéressants. A l’époque, certaines critiques ont même avancé que le groupe revenait enfin aux expérimentations. Avec le recul, cette assertion apparaît un peu exagérée, car hormis le break au milieu du titre, atmosphérique, répétitif, qui effleure gentiment le Krautrock, et les expérimentations électroniques, le reste sonne plutôt rock. Bien plus que les dernières productions du groupe d’ailleurs. Animals est encore aujourd’hui considéré comme l’album « Hard-Rock » du groupe. Cette dénomination a tout pour faire sourire, mais à l’époque, c’était dit tout à fait sérieusement. Bref, pink_floyd_animals.jpgaprès un solo lumineux de Gilmour qui partage le chant avec son frère ennemi Waters, le morceau s’enfonce peu à peu, et se noie sous des nappes de claviers, alors que les aboiements d’un chien sont torturés, répétés, filtrés. Cette partie, aujourd’hui, sonne un peu datée et à tendance à traîner en longueur. Plus de concision aurait sans doute été souhaitable. Ensuite, le morceau reprend lentement le dessus pour retrouver la structure du début. L’album contient 5 titres, et les royalties d’un disque sont calculées en fonction du nombre de titres, et non pas en fonction de leur longueur. Du coup, bien que "Dogs" prenne pour ainsi dire la totalité de la première face, Gilmour n’est considéré que comme le compositeur d’un cinquième du disque, au lieu de la moitié. Waters prenant le reste à son compte. Si Mason et Wright n’y voient aucun inconvénient, et pour cause, Gilmour ne l’entend pas de cette oreille. Cette problématique enflera au fil des mois et sera, à terme, l’un des gros points de discorde entre les deux compositeurs.

La seconde face est, à mon sens, plus réussie. D’abord parce que les morceaux sont plus courts, et donc plus digestes, et ensuite parce qu’ils sont tout simplement meilleurs. Les mélodies sont nettement plus marquées et plus inventives, ce qui place une fois de plus Waters en tête des compositeurs du groupe.

« Pigs », son cri de cochon, son clavier et sa basse donnent tout de suite une tension plus rock au morceau, et si les compositions ne sont plus au niveau de l’époque « Meddle », elles sont plus efficaces que le précédent  « Dogs ». Mason se permet quelques fioritures aux percussions, et Gilmour, toutes guitares dehors, s’en donne à cœur joie. Seul Wright reste en retrait, sur un album qu’il n’aimait de toute façon pas. Le break allonge la sauce un peu inutilement, avec des effets un peu vains. Il ne faut pas se le cacher, on a parfois l’impression d’avoir affaire à du remplissage. A l’instar de « Dogs », une fois le break « expérimental » passé, le morceau repend les choses au même endroit, mais pour se terminer dans un solo de Gilmour particulièrement rageur, digne des meilleurs moments d’ « Echoes » ou de « One of these days ». Le meilleur moment du morceau et peut-être du disque. Le titre s’efface lentement dans un champ de moutons qui bêlent tranquillement.

Comme pour ne pas les perturber, Wright entame « Sheep » au clavier avec une douceur particulièrement atypique au sein de ce disque. Le second meilleur moment du disque, et, à titre plus personnel, le morceau que je préfère du disque. La seule véritable contribution de Wright au disque s’avère être un moment en apesanteur, calme et discret, à son image. On en vient presque à regretter l’arrivée discrète de la basse, puis de la batterie, dont une partie sera inversée sur bande, donnant l’impression que l’écho qui arrive habituellement après la frappe des fûts précède cette fois l’explosion. Le rythme du morceau, encore plus rock que le précédent, est nettement plus soutenu. Malheureusement, arrive un break, prévisible, qui casse à nouveau le rythme du disque. Presque plus inutile que sur les titres précédents, celui-ci n’est soutenu que par la basse et quelques claviers discrets. On y entend une voix filtrée par un vocoder et le troupeau de moutons reprend de la laine de la bête. Rappelons qu’à ce moment de l’album, la société anglaise, pour ne pas dire mondiale, est comparée à un troupeau de moutons prêt à être décimé. Une fois de plus, Gilmour termine fort en soutenant une rythmique explosive qui accentue l’effet d’une fin apocalyptique.

« Pigs on the wing » termine le disque comme il l’avait commencé, une constante chez le Floyd depuis « Dark Side of the Moon » qui perdurera jusqu’à « The Final Cut ».

 

Le gros problème de ce disque, c’est l’effet monolithe. animals-yugoslavia-85.jpgLes trois chansons principales du disque sont bâties sur le même schéma, couplet, refrain, pont à rallonge, couplet, refrain. Et si la structure de « Dogs » diffère un peu, elle reste tout de même dans cette même mouvance. A l’arrivée, ce disque que j’aime vraiment beaucoup, mais sans doute parce qu’il a bercé mon enfance plus qu’autre chose, s’avère un peu austère. La pochette, particulièrement sordide, enfonce le clou de cette impression.

 

Alors que l’idée du cochon volant au dessus d’une usine fût adoptée par tous, et alors que l’on suggéra une simple incrustation, Waters en décida autrement. Il fit confectionner un véritable cochon géant gonflé à l’hélium. En prévision de la descente du cochon, on appela une poignée de tireurs d’élite pour shooter l’animal une fois le cliché effectué, mais celui-ci, le jour dit, refusa de se gonfler… Une journée passée, sans succès. On recommença donc l’expérience le lendemain. Cette fois, le cochon se gonfla sans difficulté. Mais, alors que l’on venait de prendre les clichés nécessaires, une rafale de vent bouscula le cochon, et le câble céda. Sauf que personne n’avait pensé à rappeler les tireurs… Et voilà donc le cochon qui s’envole dans les hauteurs et part vivre sa vie, loin des soucis des rayons de charcuterie. C’est un avion qui finalement le repérera quelques temps plus tard. Il finira par se dégonfler pour finir dans un champ à quelques dizaines de kilomètres. Anecdote somme toute amusante, pour un album sombre, mélancolique, et qui annonce une fin un peu terne. Car, même si les compositions sont majoritairement signées de la main de Waters, musicalement, l’album reste un album collectif où chacun a participé au processus d’enregistrement et de production. Ce sera la dernière fois.

 

L’album se vendit correctement, sans pour autant atteindre des chiffres de vente phénoménaux. Il connut différentes éditions. La plus connue reste cette édition en vinyle rose, pressée pour le marché français, qui resta, pendant longtemps, le marché le plus juteux pour le groupe. Il existe également d’autres éditions, dont un pressage bleu assez rare, ainsi qu’une version promo de l’album, rose également, cette fois, il s’agit de l’ensemble du disque qui se trouve être rose, pochette comprise.

 

Les stades, quant à eux, continuent de se remplir, la musique du Floyd étant jouée dans un brouhaha parfois difficile à supporter pour le groupe, ce qui ne sera pas sans poser problème pour la suite. Sur scène d’ailleurs, le Floyd est depuis longtemps une machine, technologiquement très haut point, parfaite techniquement, mais très peu passionnante. Pour peu que l’on soit un tant soit peu objectif, il faut bien admettre que l’on s’ennuie aux concerts du Floyd. Ils se contentent de jouer l’intégralité des deux derniers albums, avec deux extraits de Dark Side Of The Moon en guise de rappel, le tout étant joué à la note près. Bref, ils livrent régulièrement une photocopie froide de leur musique. Oubliées les improvisations, oubliée la folie, les Floyd sont rentables, et c’est bien ce qui compte le plus.

29.06.2009

OBSCURED BY CLOUDS (1972)

L’année 1972 est chargée pour le Floyd. A peine sorti d’une tournée, et sur le point d’y retourner, le groupe entre en studio pour enregistrer le prochain album. Pour l’heure, le groupe jouit d’une petite notoriété mais qui ne dépasse pas vraiment le cadre des initiés. Pourtant, sans le savoir, le groupe s’apprête à mettre les pieds dans l’histoire du rock. Travail d’arrache pieds sur ce nouveau projet qui s’avère plus long que prévu, les membres fatiguent un peu. Ils ont rôdé le nouveau matériel sur scène, mais ne s’avère pas vraiment présentable en l’état, ce qui les oblige à repenser la majeur partie des titres. Au beau milieu de cette activité débordante (dans la foulée, il y a le projet Live At Pompéï…) Schroeder les contacte à nouveau pour son nouveau film. Fort de son expérience passée avec le groupe, il a décidé de faire appel à eux pour son nouveau film intitulé « La Vallée ». Bien que le groupe ne dispose pas de beaucoup de temps, les membres décident de s’accorder deux semaines pour enregistrer la bande son du film (qui ne sera pas graver dans l’histoire de la pellicule…). Ils partent en France et reprenne la méthode qui gagne, à savoir, composer avec les images, chronométrant les séquences à illustrer, mais sans vraiment se soucier du thème du film. Cependant, le manque de temps va les obliger à négliger un peu la production, ce qui n’est pas vraiment dans leurs habitudes. En effet, aussitôt le disque enregistré, ils repartent en tournée, alternant avec le studio, sans se soucier plus que çà de la sortie du disque, et encore moins de celle du film. Le bien nommé « Obscured by clouds » qui ouvre l’album est un des rares titres de l’album à sonner réellement comme du Floyd de l’époque. L’intro, joué par Mason qui bidouille là l’une des premières boîtes à rythmes (très primaire puisqu’il n’y a que quelques sons à sa disposition) donne le tempo languissant sur les nappes de synthé de Right et un gimmick de Gilmour. Le titre s’enchaîne sur le même tempo et la même trame avec « When you’re in » qui poursuit donc le titre d’ouverture, ajoutant un thème qui tourne en boucle, sans évolution, ni ajout. Le riff est accrocheur, mais pourtant, contrairement à leur habitude, en quelques secondes, tout est dit. Le Floyd est pourtant habitué à développer ses thèmes, à les épaissir, mais ici, une fois les bases posées, on s’arrête là. Bien entendu, lors de l’écoute de ce disque, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une musique de film, et que les thèmes récurrents dans ce genre d’exercice sont monnaie courante ! « Burning Bridges » vient ensuite casser le rythme imposé par les deux premiers titres en proposant une sorte de ballade qui donne un peu dans la molesse. Un duo Gilmour / Wright, pour une chanson sans grande inspiration, relativement transparente, qui s’écoute mais ne se retient pas vraiment. Les solos de Gilmour sont brefs et pas forcément pertinents. Malgré tout, le mélange des deux voix fonctionne assez bien et la brièveté du titre s’efforce de rendre l’ensemble agréable. 1972+-+Obscured+By+Clouds.jpgSur ce disque, c’est sans conteste Gilmour qui est à l’honneur. Chantant la plupart des titres, il a aussi une place non négligeable au sein de l’équipe des compositeurs. « The gold it’s in the… » démarre sur un riff rock qui n’est pas sans rappeler l’ambiance de la première face de « Meddle » ou certains titres de « More ». Malheureusement, le morceau est loin d’être formidable et peine à convaincre. Il donne à penser que l’exercice est un passage obligé, sans grande inspiration et s’avère être l’un des plus faibles de l’album. Gilmour encore, mais cette fois en grande forme compose la plus belle chanson du disque, le fragile « Wot’s …Uh the deal ». Une ballade acoustique, soutenue par des interventions discrètes mais efficaces de Richard Wright tout en piano décontractée suivies de très près par un solo de Gilmour joué au Bottleneck. S’il y a bien un titre qui semble flotter sur les nuages qui obscurcissent cette vallée, c’est bien ce morceau qui a, contrairement à l’ensemble, plutôt bien supporté l’épreuve du temps. Malheureusement, l’euphorie retombe rapidement avec « Mudmen », un instrumental qui ressemble étrangement à « Burning Bridges », reprenant la rythmique, mais aussi une certaine trame mélodique. Le titre, moins énergique encore que son jumeau ennuie, malgré les interventions de Gilmour et traîne en longueur sans jamais accrocher réellement. Une fois de plus, c’est Gilmour qui semble être au centre du projet. En effet, la seconde face du disque démarre par « Childhood’s End », composé par lui seul, avec son intro au VCS 3, synthétiseur haut de gamme de l’époque, dont je reparlerai très prochainement, et c’est un des meilleurs titres du disque que nous offre Gilmour. Sorte de blues détendu, sur un rythme qui groove presque, Gilmour n’en fait pas trop dans le solo et prouve aussi que, lorsqu’il s’en donne les moyens, il est capable de composer un morceau efficace, à la mélodie accrocheuse. Un mid tempo de bon aloi, après la mollesse de la première face. D’ailleurs, cette seconde face va s’avérer bien meilleure que la première. Pour ceux qui l’avaient oublié, Roger Waters fait également parti du groupe. Très discret lors de la première face où même sa basse est transparente, il compose « Free Four », sorte de blues improbable qui accélère sur le pont, accompagné par un solo mordant de Gilmour, court mais très efficace. La chanson évoque la jeunesse de Waters, ce qui prouve une fois de plus que le thème du film est plutôt laissé à l’abandon. C’est Wright qui s’avère le moins intéressant dans la composition sur ce disque. « Stay », titre composé avec Waters au texte se fait discret, à son image, mais peu inspiré. Pas moyen d’accrocher à cette mélodie rachitique qui semble pressée d’en terminer, quant au refrain, il est tout simplement faible. Le groupe semble peu concerné par ce titre. « Absolutely Curtains » vient clore le disque. Probablement l’un des plus intéressants, il ramène directement à l’époque de « Saucerful… » avec une intro tout en cymbales et grandes orgues. Pas de mélodie, ni de thème, il s’agit d’une longue improvisation faite de claviers et de percussions. En toute logique, les chœurs de Papous de Nouvelle-Guinée viennent fermer le morceau (l’action du film se déroule en Nouvelle-Guinée) et offre deux minutes délicates et finalement attendrissantes.

 

L’album pêche par une production étouffée qui ne rend pas justice aux bons morceaux et plombe définitivement les mauvais. A l’arrivée, un album en demi teinte, sans doute le moins bon des années 70, qui semble bâclé, par manque d’investissement, et probablement de temps. Un album que j’aime bien tout de même pour ses quelques qualités mais que j’écoute tout de même rarement. A sa sortie, il reçut un succès estimable et Schoeder, visiblement satisfait du résultat, ajouta Obsured By clouds entre parenthèses au titre de son film.

 

Il n’y aura pas d’édition particulière, si ce n’est deux pochettes différentes, l’une étant affublée d’un sticker précisant le nom du groupe et le titre du disque. obscured.jpg Les titres de l’album seront rarement joués en Live, et pendant peu de temps. David Gilmour ressuscitera « Wot’s …Uh the deal » lors de sa tournée en 2006 dans une belle version que je vous propose d’écouter.

 

19.05.2009

ATOM HEART MOTHER (1970)

Mais que pouvait bien avoir en tête Lulubelle III lorsqu’elle a vu un olibrius venir la déranger entre deux bouses et trois mastications pour la prendre en photo ? Pis encore, qu’a-t-elle bien pu penser lorsqu’elle a vu sa trogne trôner en tête de gondole des disquaires du coin ? L’histoire ne le dira jamais. L’histoire, voilà ce qui est important. L’histoire. Remettre les choses dans leur contexte. 38 ans après, comment peut-on percevoir « Atom Heart Mother » ? Nous y reviendrons plus tard, mais il faut tout de même se rendre compte qu’à l’époque, le groupe, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, cherchait. Tâtonnait parfois, mais cherchait. Une autre façon de faire, de voir les choses. Dans le monde de la pop, le format est longtemps resté cantonné aux trois minutes encadrées du couplet / refrain. Les Floyd, et d’autres, ont contribué à faire exploser ce cadre mais si on se penche un peu sur leur discographie, les titres très longs des Floyd ne sont  pas si nombreux, contrairement à des groupes comme Yes qui en avaient fait une véritable marque de fabrique.

 

atom_heart_mother.jpg

Les Floyd sont en tournée en permanence en ce début des années 70, avec une notoriété grandissante. Lorsqu’ils entrent en studio, ils n’ont que quelques bribes de musique qu’ils collent plus ou moins bout à bout. Fait de plusieurs séquences, ce morceau appelé jusque là «The Amazing Pudding» comprend notamment un duo basse batterie d’une dizaine de minutes. Bref, rien de bien défini. Par ailleurs, il faut savoir qu’à part Rick Wright qui a de petites notions, aucun des musiciens ne lit la musique. Malgré tout, ils ont dans l’idée de travailler avec un orchestre. Ils parviennent à mettre en forme un titre d’une vingtaine de minutes (l’histoire ne dit pas si la chose était préméditée ou s’il y a eu un effet « boule de neige ») qui, à ce stade, ne comprend pas encore d’orchestre. A cette époque, Roger Waters travaille sur la Bande Originale d’un documentaire expérimental, « The Body », avec un certain Ron Geesin, spécialisé dans les travaux électroniques, mais également arrangeur et compositeur. Celui-ci a d’ailleurs travaillé avec le père de Nick Mason sur la bande son d’un documentaire consacré aux voitures de collection. Le groupe fait appel à lui pour l’épauler dans la conception de ce qui va devenir le morceau « Atom Heart Mother ». Ce titre étrange fût trouvé lors d’une « Peel Sessions » où le célèbre John Peel, grand fan du groupe, feuilletait son canard. Le groupe, à la recherche d’un titre, cherche dans le journal et tombe par hasard sur le titre d’un article « Atomic Heart Mother », et décide donc d’appeler leur nouveau titre, et nouvel album «Atom Heart Mother ». Les différentes parties de ce titre en découleront avec plus ou moins bon goût. L’atmosphère au sein du groupe est relativement détendue, bien que des tensions ponctuelles apparaissent régulièrement. Il s’agit alors de petits pics parfois dignes d’une cour d’école qui n’ont pour le moment rien à voir avec les futures guerres de pouvoir. L’enregistrement du titre phare va s’avérer compliqué. En effet, à l’époque, les techniques n’étaient pas aussi développées que de nos jours. Waters et Mason durent enregistrer leurs parties en une seule prise, sans autre forme d’accompagnement, rendant la chose très compliquée. Gilmour, qui amena le thème principal de ce titre est lui, finalement peu présent sur ce morceau. Certes, il effectue de longs solos, mais n’est pas présent tout le long du titre contrairement aux trois autres. Le plus compliqué reste malgré tout à faire. En effet, il est tant d’enregistrer l’orchestre, et les musiciens vont se montrer particulièrement réticents, notamment sur le fait d’être dirigés par Geesin, qui n’a, à leurs yeux, aucune légitimité et qui a de plus écrit une musique finalement assez complexe et riche. Enfin, la puissance de feu de l’orchestre va poser de gros problèmes, les micros enregistrant un instrument ET son voisin, cela donnera à l’arrivée un effet plus ou moins appuyé de saturation irréversible, ce qui provoquera un manque évident de clarté. La présence du futur ingénieur du son, Alan Parson, aux manettes ne changera rien au problème. Seule la partie chorale se déroulera dans de bonnes conditions. Le titre apparaît aujourd’hui un peu pompeux, notamment dans les parties orchestrales et dans sa longueur. A la moitié du morceau apparaît une sorte de break psychédélique aux claviers concassés et à la sonorité atonale sombrant de plus en plus dans la cacophonie pour trouver son apogée lors du passage d’un supposé train. La musique repart alors sur le thème principal, et alterne les influences pop, jazz, voire funky. En termes de composition pure, le titre est une grande réussite même s’il aurait gagné en concision. La suite est plus anecdotique. Enfin, pas tant que cela. Le titre « If » est une ballade acoustique très douce qui rappelle le titre de Waters sur Ummagumma. S’il n’est pas transcendant, il possède tout de même une douceur assez séduisante qui contraste terriblement avec l’explosion de la première face. Le titre vous berce, avec sa guitare acoustique, soutenue par l’orgue et le piano, alors que Mason se fait très discret et que Gilmour saupoudre délicatement le tout de quelques notes de guitares sous un déluge de réverbération. « Summer’ 68 », composition de Wright pêche un peu par sa mélodie trop propre sur elle, comme toujours. Le morceau débute sur un piano gentillet, et l’on se dit alors que tout cela est bien transparent. Puis le morceau prend une toute autre direction et explose littéralement, rappelant certains titres du second LP du groupe, puis les cuivres font leur entrée, avec des arrangements très mélodieux. Le titre tient alors la cadence et finit par emporter le morceau. « Fat Old Sun » est une ballade composée par Gilmour qui ne révèle pas vraiment son potentiel sur album. Débutant sur une guitare acoustique, il connaît des breaks d’une douceur exacerbée, à peine effleurés par l’orgue de Wright. Puis les solos de Gilmour se retrouvent inexplicablement étouffés par la production qui le noie littéralement sous les échos et autres effets de réverbération. Pourtant, en Live, ce titre souvent joué apparaît plus explosif, possédant un véritable potentiel mélodique et une vraie force. Récemment, Gilmour à sorti un double album live où il reprend ce titre en lui rendant un véritable hommage (proposé en extrait) avec un solo de guitare formidable, et plein de vie, ce qui semblait manquer à l’original.

“Alan's Psychedelic Breakfast- Rise and Shine-Sunny Side Up-Morning” cloture l’album de manière très étrange. A l’époque, le groupe fait encore quelques shows basés sur l’art théâtral. Il arrive aux membres du groupe de clouer des planches sur scène par exemple et ils souhaitent reprendre cette idée sur disque. L’idée de départ, c’est de faire un titre autour d’un robinet qui fuit. Et puis l’idée faisant son chemin, on en vient à construire un morceau en trois parties autour d’un anglais préparant son petit déjeuner. Au premier morceau, on craque une allumette, au second, on fait bouillir de l’eau pour le thé, on plonge des céréales dans du lait, avant l’apparition de la guitare de Gilmour, pour ce qui est la plus belle partie du titre. Les voix que l’on entend sont des roadies du groupe. Enfin, on finit par cuire des œufs pour introduire le troisième morceau, qui se terminera par la fermeture de la porte et  le robinet qui fuit toujours. Si ce titre, original à plus d’un titre, est intéressant, il n’en reste pas moins qu’il n’est pas formidablement composé, et que l’on sent parfois l’exercice de style. L’obligation de meubler sur une idée singulière. Ils joueront parfois ce titre sur scène, allant jusqu’à reproduire certains sons. En effet, des roadies feront cuire des œufs sur scène et feront bouillir de l’eau, mais l’idée ne sera pas viable bien longtemps.

Ce disque est tout de même intéressant pour deux raisons. D’abord, c’est l’apparition définitive de ce que l’on appelle alors le rock progressif, que les Floyd ont aidé à créer, mais dont ils ne seront pas vraiment les représentants les plus extrêmes. Dans toute leur discographie, seuls deux titres passent le cap des 20 minutes, et un seul celui du quart d’heure, pour le reste, si certaines compositions sont relativement longues, beaucoup sont aussi relativement concises, le futur « Dark Side » par exemple ne comprend aucune composition fleuve. Ensuite, c’est le dernier disque é être mal produit. Un tournant dans leur carrière, car le prochain album verra apparaître ce que l’on nommera bientôt le « Son Pink Floyd ». Sur scène, le groupe jouera « Atom Heart mother » avec ou sans orchestre, avec plus ou moins de réussite. On notera tout de même quelques prestations splendides comme celle de la BBC et celle du festival de Montreux que l’on retrouvera plus tard sur ce site à l’occasion d’un passage en revue des meilleurs bootlegs. Lors de certains concerts, le groupe laissera l’orchestre terminer le spectacle, notamment les chœurs qui interpréteront un Ave Maria très mal perçu par les spectateurs qui ne comprenaient pas bien la démarche et qui attendaient surtout les Floyd. Bref, les Floyd pouvaient encore être considérés comme une forme d’avant-garde, ce qui n’allait bientôt plus pouvoir être le cas…

 Voici une version jouée par des étudiants ingénieurs du son au Conservatoire de Paris. Ce n’est pas le Floyd, mais la version est très fidèle et bien faite. En fouillant sur ce site, vous trouverez une version (écourtée) live d’Atom Heart Mother.

 
PINK FLOYD ATOM HEART MOTHER
envoyé par allainraphael. - Regardez plus de courts métrages.

06.05.2009

UMMAGUMMA

L'année 1969 va s'avérer être bien remplie. Après la B.O. De More, le Floyd est sollicité pour mettre en musique l'arrivée des premiers hommes sur la lune. Dans le cadre d'une des nombreuses émissions autour de l'alunissage, le Floyd compose un titre de 5 minutes qui fera son apparition sur scène sous le titre « Moonhead », que l'on retrouve dans plusieurs Bootlegs, mais qui ne marquera pas vraiment l'histoire du groupe. Le groupe travaillera également à la bande originale d’une série animée, « Rollo », réalisée par Alan Aldridge. Pour l’occasion, ils créeront une poignée d’inédits pour la réalisation de l’épisode pilote, mais le projet ne verra finalement pas le jour.

Par ailleurs, ils développent les concepts, notamment scéniques, en théâtralisant leur prestation. Ils conçoivent un show complet intitulé « The Man / The Journey » qui décrit la journée d’un anglais moyen. A vrai dire, il s’agit du concept de départ, le rendu étant nettement différent. Il s’agit en fait d’une mise en scène d’un répertoire relativement éprouvé qui comporte très peu d’inédits, mis à part quelques improvisations et quelques vignettes sonores de différents types. Cette expérience comporte des choses plus « expérimentales » qu’à l’accoutumée, on y voit par exemple l’un des membres fabriquer une table en bois, plantant des clous sur des planches. On peut y voir aussi le « Teatime », sorte de break durant le spectacle où le groupe se fait servir le thé sur scène. On retrouve donc quelques morceaux connus du groupe, le final de « A saucerful of secrets », ou « Green is the colour », mais également un titre rarement joué sur scène « Biding My time » qui ne figurera jamais sur un album, mais sur une compilation à venir, « Relics ».

Ils travaillent également quelques jours sur la musique du film « 2001, l'Odyssée de l'espace » de Kubrick. Le projet sera rapidement abandonné. Le titre de l'album, trouvé un peu par hasard, est un mot d'argot anglais typique de Cambridge qui désigne l'acte sexuel. Quand au recto de la pochette, où l’on voit le Floyd étaler son matériel, c’est Mason qui en a eu l’idée en voyant, dans une revue, la photo d’un Bombardier « Phamtom » devant lequel on avait placé de façon symétrique l’intégralité de ses équipements. Lors d’un concert à la nouvelle Orléans, durant l’année 1970, ils se feront voler une grande partie de ce matériel, pour une somme d’environ 40 000 dollars. Dépités, les membres sen rendent dans le bar le plus proche pou y déverser leur misère au fond d’un verre pensant qu’il s’agissait là de la fin du groupe (à l’époque, ils étaient très loin de rouler sur l’or), mais en entendant leur histoire, la serveuse du bar contacte son petit ami. En effet, celui-ci travaille au F.B.I . Deux jours plus tard, le matériel leur fût intégralement restitué à l'exception de deux guitares.

Devant la masse de travail, et les concerts qui s'enchaînent, David Gilmour propose au groupe un exercice récréatif. Un album où chacun composerait et jouerait une partie sans aide extérieure, ou presque. Sur le papier, l'idée peut s'avérer intéressante. Norman Smith est encore présent dans l'équipe, pour la dernière fois, mais son influence est mineure. D'ailleurs, s'il n'a jamais été un grand producteur, il était bien meilleur que les Floyd lorsqu'ils débutèrent dans la production (il n'y a qu'à réécouter More pour s'en apercevoir...). Ummagumma sortira finalement sous un format double. Un disque studio comme prévu, et un live, avec quatre des titres les plus joués du groupe. Peut-être une façon d'assurer les ventes, car dès la sortie du disque, le groupe parlait déjà d'un disque raté malgré des critiques assez positives.

Le disque Live est plutôt honnête. Les versions des titres sont intéressantes, bien que manquant de tension sur certains titres. « Astronomy Dominé » par exemple, débute sur du clavier qui amène différemment le titre, et réapparaîtra pour un break au milieu du titre, mais ce qui aurait pu être une bonne idée est en fait le moyen de faire redescendre une tension indispensable à ce chef d'oeuvre. « Careful With That Axe, Eugene » possède une histoire particulière. Ce titre connaîtra de très nombreuses versions. La première se trouve sur la face B du single 3Point me at the sky » sorti en 1968, dans une version plus calme que celle présentée ici. Elle subira une transformation pour « The Man / The Journey », apparaîtra donc sur « Ummagumma » puis sur la B.O. De « Zabriskie Point » dont nous reparlerons. 208975524_o.jpgLe groupe jouera encore très longtemps ce titre qui démarre sur une improvisation de Waters basée sur deux notes de basse, puis la tension monte peu à peu pour exploser dans une débauche de guitare et de hurlements, puis la tension redescend pour exploser à nouveau. Un morceau très tendu et assez réussi qui trouve sans doute sur cet album sa meilleure version. « Set the controls for the heart of the sun » se voit prolongée de quelques minutes pendant lesquelles la tension retombe une peu lors du solo de Richard Wright puis, remonte peu à peu et alors qu'on est proche de l'explosion, le titre repart comme il est venu, lentement et devient peu à peu silencieux. Enfin, la partie Live se clotûre sur un « A saucerful of secrets » dantesque, explosif, plus rythmé, qui s'envole peu à peu vers la folie comme pour mettre un point final au premier chapitre de l’histoire du groupe, tout en proposant une ouverture sur les futures orientations du groupe. En effet, ils ajoutent au titre un côté lyrique, et peut-être discutable, qui n'est pas sans rappeler certains passages du prochain Meddle, ou de l'inévitable « Dark Side of the moon ». Bizarrement, c'est la seule trace Live officielle du groupe de l'époque de Waters. Les prises de son de ce disque eurent lieu lors de deux concerts, malheureusement, lors de la première prise de son, le matériel d'enregistrement ne fonctionna pas correctement, mais le groupe, selon ses propres dires joua très bien, alors que le second soir, le matériel fonctionna bien, mais le groupe, toujours selon les dires des membres du groupe, ne joua pas correctement. Ils parvinrent tout de même à tirer le meilleur des deux soirs en faisant pas mal de post-production, en collant différentes séquences des mêmes morceaux et en ajoutant quelques voix en Studio. A l'arrivée, malgré quelques défauts, le disque rend parfaitement compte du son Live du groupe de l'époque.

Le disque studio est lui beaucoup plus complexe à appréhender. Selon Nick Mason, « Ummagumma » montre que notre total est plus grand que la somme de nos parties ». En clair, le batteur du groupe est persuadé que les membres pink_floyd_-_ummagumma_live.jpgpris un par un peinent à être créatifs. Il faut bien dire que l’album laisse dubitatif. Résolument expérimentale et déconstruite, la musique semble manquer de vie, de relief. « Sysyphus » qui ouvre l’exercice résonne étonnamment sombre pour Rick Wright, réputé pour être le plus doux et gentil des membres du groupe. Les coups de tambours, et l’orgue ouvrent de façon grandiloquente une improvisation au piano qui rappelle au passage que le claviériste du groupe est le meilleur musicien du groupe (en termes de connaissance) mais également le plus pointu (en termes de goûts musicaux). Il s’intéresse de près au jazz et à la musique classique. Malheureusement, ses parties de piano s’embourbe dans un bavardage un peu vain, et à l’arrivée, il ne parvient pas à convaincre son auditoire.

C’est Waters qui s’en sort le mieux, d’abord avec la ballade « Grantchester Meadows » pleine de délicatesse qui relate sa petite enfance, à priori heureuse, sur fond de bruits de la nature. Les oiseaux piaffent, la rivière coule, et Waters apparaît serein, ce qui peut paraître très étonnant. Le morceau se clôture sur le bourdonnement d’une guêpe qui va finir écrasé impitoyablement. Ensuite, il affirme son amitié naissante avec Geesin sur “Several Species of Small Furry Animals Gathered Together in a Cave…”, où Waters prolonge les bruits de la nature, puis fait entrer peu à peu une série de vocalises étranges, sur plusieurs couches, mises en rythmes, mélangées à des bruitages électroniques, se terminant dans un déchaînement frénétique. Dans le genre, ces deux titres sont indéniablement la plus grande réussite du disque.

Le second à s’en sortir honorablement, c’est Gilmour. La première partie de « Narrow Way » est très belle. Une ballade acoustique instrumentale épurée qui sert de plateau pour servir des expérimentations sonores sur une guitare électrique noyé sous une chambre d’écho. Puis la seconde partie casse le rythme, se fait électrique et sombre, rappelant étrangement l’introduction de Rick Wright. Malheureusement, la production médiocre de ce titre plombe l’ensemble qui du coup est un peu pénible à écouter. Le riff de guitare, joué en boucle manque d’une véritable accroche et construit un pont pour relier les trois parties qui parait bien fragile. La troisième partie est la seule partie chantée de David Gilmour et rappelle des titres comme « Green is the colour » et « Cymbaline » dans une atmosphère plus sombre. Pink+Floyd+ummagumma.jpgLà encore, la production médiocre a tendance à gâcher un morceau qui avait pourtant un potentiel plus intéressant qu’il n’y paraît. Ce morceau fût l’occasion des premières tensions dans la relation Gilmour / Waters, qui en connaîtra bien d’autres. En effet, Gilmour qui a toujours eu des difficultés à écrire les textes de ses chansons demande à Waters de lui écrire un petit quelque chose. Il aura pour seule réponse un « Non » ferme et catégorique. Les membres du groupe ont toujours été de bons collègues, mais jamais de vrais amis.

Nick Mason n’est sans doute pas le plus influent du groupe d’un point de vue musical, mais c’est sans doute le plus drôle. Le projet de faire son truc chacun dans son coin ne lui convient guère. Il est batteur et à part un solo de percussions en tout genre, il n’a pas grand-chose à proposer. Alors, comme pour protester, il introduit sa partie avec le la flûte traversière…jouée par sa femme de l’époque, Lindy. S’ensuit alors un solo de plusieurs percussions, sans véritable construction, avec différentes expérimentations sonores, mais l’ensemble être fait sans passion, et c’est parfois un peu trop flagrant. Pour un batteur, son morceau est étonnamment silencieux. Prolongeant les passages silencieux comme pour rappeler qu’il n’a pas grand-chose à dire, il a attend patiemment la troisième partie de son « The Grand Vizier's Garden Party », à nouveau interprétée à la flûte par sa femme.

A l’arrivée, le disque souffre d’une production vraiment exécrable, et d’un manque évident d’inspiration de certains membres. Il traîne alors un peu en longueur et multiplie les moments creux même s’il contient également son lot de pépites. Peu importe, le meilleur reste à venir.