23.05.2009
MEDDLE (1971)
La notoriété du groupe, en ce début des années 70 allait en grandissant. Chaque album les faisait franchir un nouveau palier. Preuve en est, Kubrick les contacte à nouveau, cette fois, pour obtenir les droits d' »Atom Heart Mother » pour son film « Orange Mécanique ». Seul problème, il veut en faire ce qu'il veut, sans l'avis des membres. Ils refuseront. Après une longue tournée, suite à la sortie d' « Atom Heart Mother », le groupe entra tout de suite en studio, sans le moindre matériel sonore. Autre preuve d'une notoriété grandissante, ils furent autorisés à changer de Studios. Les membres avaient dans l'idée de créer de façon totalement différente. Dans un premier temps, ils pensèrent jouer de la musique sans le moindre instrument. Ils conçurent alors un tas d'instruments bricolés, avec des élastiques, des briquets et tout ce qu'ils pouvaient trouver.
Après des semaines de travail dans ce sens, ils parvinrent à produire quelques bribes de musique qui tenaient la route, mais l'investissement en énergie et en temps leur paraissait gigantesque par rapport au résultat. Ils abandonnèrent donc le projet, pour suivre une piste tout aussi farfelue.Ils jouèrent sur des pistes séparées, sans tenir compte de ce que les autres produisaient, en convenant simplement d'un accord de base, sans non plus se soucier du tempo. « « Nothings », « Sons of Nothings » et « Return of The Son of Nothings » furent les différents titres de travail. Enfin, une note de piano amplifiée sur un système dédié à l'orgue Hammond, ressemblant étrangement à un sonar devint le point de départ de la nouvelle composition. Une fois de plus, c'est un titre fleuve qui va véritablement réveiller la créativité du groupe. David Gilmour trouvera une phrase de guitare mélancolique, et par un effet boule de neige, le titre se prolongera sur plus de vingt minutes.
D'un point de vue purement technique, ce disque est à ce moment, le plus abouti. Enregistré avec un nouveau système très à la mode à l'époque, la quadriphonie, il possède une profondeur de champs bien plus considèrable que les précédents. Le groupe commence à doubler les pistes de certains instruments pour accroître ce sentiment d'envahissement du son. En effet, le titre « Echoes », par exemple, écouté à un certain volume, vibre de tous ses membres, et parvient à faire trembler la terre de la pièce où il est diffusé. A cette période, l'entente au sein du groupe est plutôt bonne, et chaque membre apporte sa pierre angulaire à la composition centrale. Gilmour et Waters, se chargeant de composer l'autre face du disque. « Meddle », sorte de jeu de mot typiquement anglais qui signifie vaguement « De quoi se mêle-t-on? », sort donc avec un pochette toujours aussi enigmatique. Une oreille en gros plan, plongée dans l'eau orne la pochette, sans que le nom du groupe y soit associé (du moins, pour la sortie européenne...). C'est un album plus « rock » par rapport au précédent, et l'on ressent tout le long une cohésion au sein du groupe qui ne tardera pas à s'évaporer. Pour l'heure, le groupe tourne avec cette nouvelle composition qu'il travaille sans cesse pour la faire entrer dans un cadre plus « discographique ». Les 25 minutes réglementaires par face pouvant être difficilement dépassées, ils récupèrent certaines idées des travaux de « Son of Nothings & co » pour effectuer un fondu enchaîné surprenant qu'ils parviennent finalement à jouer comme un morceau à part entière. « Echoes » est né. Sans doute l'une des plus éblouissantes composition de l'ère Waters, le morceau est particulièrement épique. Pour autant, la face A, qui possède ses qualités, peine à convaincre sur la longueur, ce qui sera sans doute le problème majeur de ce disque pourtant très bon dans son ensemble. Il apparaît comme étant celui qui a le mieux vieilli de la période pré Dark Side, notamment grâce à une production véritablement sans faille. Il possède également une mélancolie et une sorte de douceur joviale qui en font un des moins tristes.
C'est donc « One of These Days (I'm going tu cut you in littles pieces) » qui ouvre cet album, sur deux basses ronflantes jouées à l'unisson par Waters et Gilmour et raccordées à une chambre d'écho Binson, réputée pour ses différentes qualités techniques. En effet, il était possible d'impulser la cadence de répétition de l'écho, fait rarissime à l'époque. Une fois les bases lancées, le morceau dérape sur des basses saccadées,
Nick Mason se fend alors de la seule phrase qu'il prononcera lors de sa carrière au sein du groupe et qui reprend le titre du morceau. La voix fut enregistrée sur un registre très aigües puis ralentie pour la rendre plus grave. Le morceau explose alors sur une cadence très rock, avec un solo de guitare explosif joué au bottleneck. Un titre très réussi qui ouvre parfaitement ce grand disque. L'acoustique « A pillow of Wind » procure un apaisement bien mérité, mais qui semble un peu faible. Même si ce titre est relativement attachant, il prouve encore qu'à l'époque, le Floyd maîtrise tout de même plus le formart épique, les grands espaces ou les espaces inctrumentaux que les formats pop et folk. Le titre est tiré d'une figure du Mah-Jong, jeu chinois auquel les membres du groupe jouait souvent au moment de l'enregistrement. « Fearless », ballade typiquement Gilmourienne navigue entre deux eaux, alternant les passages calmes et les passages plus enlevés. Le titre vient d'une expression utilisée dans le foot qui peut signifier « Génial ». Elle se termine sur « Never Walk Alone » chant de supporter de Liverpool, ce qui est relativement étrange, puisque Waters supportait Arsenal. Sans être particulièrement fascinante, elle s'avère très agréable à écouter. »Saint-Tropez » prend la suite, sur un ton légèrement bluesy. Inspirée de leur séjour dans le sud de la France, cette chanson de Waters est anecdotique au regard de ce qui nous attend derrière. Une ballade assez vive et ensoleillée mais qui n'apporte rien au disque. « Seamus » arrive en fin de disque, comme une note d'humour telle que le Floyd savait si bien le faire. Un jour, Gilmour déboule dans le Studio avec le chien de Steve Marriott, membre des Smal Faces, nommé Seamus. Celui-ci hurle à la mort dès qu'il entend de la musique. Ni une ni deux, le groupe improvise un blues de douze mesures, et enregistre le chien hurlant autant qu'il peut. L'affaire est dans le sac. La face B contient donc l'immense « Echoes ». Débutant sur un sonar, Gilmour apparaît peu à peu sur une mélodie particulièrement mélancolique. Wright et Gilmour chante à l'unisson, découvrant à l'occasion que leurs voix se marient particulièrement bien. Un rytme presque Funky tranche ensuite la mélodie, et Gilmour place un solo très rock. C'est lors de ce disque que David Gilmour va trouver une place prépondérante au sein du groupe et ses solos vont devenir de plus en plus étoffés et pertinents et ce, jusqu'à la fin du groupe. Ensuite, le groupe se plonge peu à peu (et pour la dernière fois) dans l'univers psychédélique. Waters frotte ses cordes de basse noyés sous l'écho pendant que Gilmour fait hurler sa guitare avec des sons très aigües grâce à un effet trouvé par accident.
En effet, Gilmour brancha sa pédale à l'envers, produisant ainsi un son qui vous vrille les tympans au milieu du morceau sous des cris lugubres de corbeaux funestes! Puis, l'orgue de Wright prend lentement, très lentement le relais avant que le titre n'explose sous un déluge de guitare fuzz, de basse énorme et de batterie fracassante. Enfin, le thème central du titre reprend sa place pour se terminer dans une sorte de fondu enchaîné rappelant le milieu du titre et vous amenant vers la porte de sortie...ou plutôt, vers le monde du silence. Cet album connaître un certain succès, et reste aujourd'hui considéré comme un des sommets du groupe, à juste titre. Si l'enregistrement dura relativement longtemps, c'est avant tout pour deux raisons. D'une part, le groupe repart en tournée, où d'ailleurs, il rode quelques nouveaux titres. Ensuite, le groupe travaille aussi sur un projet de compilation, « Relics », que nous évoquerons plus tard, sorte de récréation qui amène une bouffée d'air, malgré une ambiance très détendue pendant l'enregistrement de l'album.
Il existe différentes pochettes du disque, qui reprennent le thème principale, avec des tons de couleur différents. Certaines voient apparaître le nom du groupe et le titre du disque. Tout comme « Atom Heart Mother », le disque connaîtra différents pressages couleur, phénomène très à la mode à la fin des années 60 et au début des 70. Un album qui vous invite à rêver, à vous laisser bercer, à fermer les yeux pour mieux ouvrir les oreilles. Un disque que j'aime. Beaucoup.

Pink floyd live at Pompeii Echoes part 1
envoyé par fragueur71. - Regardez d'autres vidéos de musique.
23:02 Publié dans Les albums des Pink Floyd | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pink flod, meddle
Commentaires
J'ai fait des kilomètres vers l'électrophone puis la platine vinyle pour écouter ce disque. Nous mettions One of... puis quelqu'un(e) se sacrifiait et allait retourner le disque pour Echoes.
Pendant longtemps, sur One of... je me suis imaginé sur une moto cheveux au vents, genre Easy Rider... Puis j'ai vu Pink Floyd à Pompéï... La moto, envolée ! Remplacée par N. Mason et son bandeau, iluminé... ö ce passage où le temps s'écarte pour les paroles...
Ecrit par : Phil | 24.05.2009
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